Neuf mois de grossesse, c'est aussi une dizaine de rendez-vous médicaux, des prises de sang, des échographies et un flot d'informations parfois difficile à démêler. Pourtant, beaucoup de futures mamans — surtout lors d'une première grossesse — ne savent pas précisément par où commencer ni quels examens sont réellement indispensables. Le suivi de grossesse et les examens obligatoires sont encadrés par la loi française, qui prévoit 7 consultations prénatales obligatoires réalisables par un médecin ou une sage-femme. Florian Lefait, sage-femme libéral installé à Denain, accompagne chaque jour des femmes dans ce parcours et constate combien un calendrier clair, anticipé dès les premières semaines, permet d'aborder la maternité avec sérénité. Voici, étape par étape, tout ce que vous devez savoir pour organiser votre suivi sans rien oublier.
Avant même de parler d'examens, une démarche conditionne l'ensemble de vos droits : la déclaration de grossesse. Elle doit être transmise à l'Assurance Maladie et à la CAF avant la fin du 3e mois, c'est-à-dire avant 15 semaines d'aménorrhée (SA). Concrètement, c'est la sage-femme ou le médecin qui s'en charge directement en ligne avec votre carte Vitale, sans que vous ayez de document papier à envoyer.
Pourquoi est-ce si important ? Parce que cette déclaration ouvre vos droits à la prise en charge à 100 % de tous vos frais médicaux à partir du 1er jour du 6e mois de grossesse — qu'ils soient liés ou non à la maternité. La CPAM vous envoie ensuite automatiquement un calendrier personnalisé des examens à réaliser.
Autre nouveauté à connaître depuis 2024 : vous pouvez désormais déclarer une sage-femme libérale référente avant la fin du 5e mois, via le formulaire Cerfa S3745a. Ce dispositif, pris en charge intégralement par l'Assurance Maladie, permet à votre sage-femme de coordonner l'ensemble de votre parcours prénatal et postnatal, et ce jusqu'à 14 semaines après l'accouchement (selon les tarifs conventionnels). Passé le 5e mois, la déclaration n'est plus possible. Le déploiement de ce dispositif est rapide : dès le bilan d'avril 2024, plus de 2 300 sages-femmes libérales avaient été déclarées comme référentes, soit 30 % des sages-femmes libérales en exercice — un signe d'engouement fort de la part des professionnels.
À noter : le suivi de grossesse peut tout à fait être partagé entre une sage-femme et un médecin (généraliste, gynécologue médical ou obstétricien) : ce n'est pas un choix exclusif. Une patiente peut, par exemple, confier ses consultations mensuelles et l'EPP à sa sage-femme, et réserver les échographies ou une consultation spécialisée à un autre professionnel. Ce partage n'entraîne aucune perte de droits au remboursement, à condition que chaque professionnel intervenant soit conventionné.
C'est le point de départ de votre suivi de grossesse à Denain. Lors de ce premier rendez-vous, le professionnel de santé réalise un examen clinique complet : poids, tension artérielle, interrogatoire médical approfondi sur vos antécédents personnels et familiaux. Il vous remet également le carnet de santé maternité, document de liaison qui vous accompagnera tout au long de votre grossesse.
Un bilan sanguin complet est prescrit. Il comprend la détermination du groupe sanguin et du rhésus, la recherche d'anticorps irréguliers (RAI), ainsi que les sérologies rubéole, toxoplasmose, hépatite B, syphilis et VIH. Si votre sérologie toxoplasmose revient négative, un contrôle mensuel sera nécessaire jusqu'à l'accouchement.
Enfin, la supplémentation en vitamine B9 (acide folique) est abordée. Idéalement démarrée au moins 4 semaines avant la conception, elle doit se poursuivre jusqu'à 12 SA. À raison de 0,4 mg par jour, elle réduit le risque de spina bifida de 50 à 70 %. Selon l'Enquête Nationale Périnatale 2021, moins d'un tiers des Françaises commencent cette supplémentation avant la grossesse — c'est pourtant l'un des principaux leviers de prévention des malformations du tube neural.
Conseil : la compétence légale de la sage-femme repose sur les articles L4151-1 et L4151-4 du Code de la santé publique, qui lui confèrent une autonomie complète pour toute grossesse physiologique. Sous réserve de détenir le DIU d'échographie obstétricale, elle est également habilitée à réaliser elle-même les échographies de suivi. Elle peut aussi prescrire des substituts nicotiniques à la femme enceinte et à son entourage direct, jusqu'à la fin de la période postnatale. N'hésitez pas à interroger votre sage-femme sur l'étendue de ses compétences dès la première consultation.
À partir du 4e mois, une consultation mensuelle est obligatoire. Chaque rendez-vous suit un protocole précis : pesée, prise de tension artérielle, mesure de la hauteur utérine pour contrôler la croissance fœtale, auscultation des battements cardiaques du bébé, et bandelette urinaire recherchant la glycosurie (marqueur de diabète gestationnel) et la protéinurie (marqueur de pré-éclampsie). Pour gagner du temps, vous pouvez réaliser l'analyse d'urine au laboratoire dans les jours précédant votre consultation, sur prescription préalable.
C'est également à cette période que l'entretien prénatal précoce (EPP) doit être planifié. Obligatoire depuis 2020, il se déroule idéalement dès le 4e mois. D'une durée de 45 minutes à 1 heure, il n'est pas un examen médical : c'est un temps d'écoute centré sur vos besoins d'accompagnement psychosocial, votre projet de naissance et la planification des séances de préparation. Il peut se tenir au cabinet, en maternité ou même à domicile. L'EPP est pris en charge à 100 % et joue un rôle majeur dans la prévention de la dépression post-partum. En 2022, 62 % des femmes enceintes en ont bénéficié, contre seulement 28,5 % en 2016.
Au 5e mois, une NFS (numération formule sanguine) est prescrite pour dépister une éventuelle anémie ferriprive, fréquente pendant la grossesse. Au 6e mois, les femmes de rhésus négatif effectuent une nouvelle RAI. Pour les patientes présentant des facteurs de risque — âge supérieur à 35 ans, IMC supérieur ou égal à 25, antécédents familiaux de diabète —, un test HGPO (hyperglycémie provoquée par voie orale) est réalisé entre 24 et 28 SA. Ce test dure environ 2 heures : après l'ingestion de 75 g de glucose, trois prises de sang sont effectuées à intervalles réguliers. Les seuils pathologiques officiels sont les suivants : H0 (à jeun) ≥ 0,92 g/L, H1 (1 heure après ingestion) ≥ 1,80 g/L, H2 (2 heures après ingestion) ≥ 1,53 g/L. Une seule valeur égale ou supérieure à l'un de ces seuils suffit à poser le diagnostic de diabète gestationnel.
N'oubliez pas non plus le bilan bucco-dentaire : pris en charge à partir du 4e mois de grossesse et désormais jusqu'au 6e mois après l'accouchement, il est à planifier de préférence avant 24 SA. Depuis le 1er avril 2025, le remboursement s'organise ainsi : 60 % par l'Assurance Maladie obligatoire (AMO) et 40 % par la mutuelle complémentaire (AMC), avec obligation de tiers payant de la part du dentiste — vous n'avez donc aucune avance de frais à engager si vous présentez le formulaire envoyé par la CPAM. Exception : les patientes sans complémentaire santé bénéficient d'une prise en charge à 100 % par l'AMO. C'est un examen souvent négligé, alors que les bouleversements hormonaux de la grossesse augmentent significativement le risque d'infections gingivales.
À noter — Signes d'alarme nécessitant une consultation immédiate : certains symptômes ne peuvent jamais attendre le prochain rendez-vous mensuel. Consultez sans délai en cas de : saignements vaginaux (même peu abondants en début de grossesse) ; douleurs abdominales intenses ou persistantes ; fièvre supérieure à 38 °C avec brûlures urinaires (signes de pyélonéphrite gravidique) ; maux de tête violents associés à des troubles visuels (phosphènes) et/ou gonflement soudain du visage et des mains (signes potentiels de pré-éclampsie sévère) ; diminution ou absence de mouvements fœtaux à partir de 20 SA (norme à partir de 28 SA : environ 10 mouvements perceptibles en 2 heures) ; contractions douloureuses de plus de 6 par heure avant 37 SA (menace d'accouchement prématuré) ; perte de liquide amniotique avant le terme. En cas de doute, n'hésitez jamais : appelez votre sage-femme ou rendez-vous aux urgences de votre maternité.
Les consultations mensuelles se poursuivent avec le même protocole clinique. Au 8e mois, une 2e détermination du groupe sanguin est réalisée, accompagnée d'une RAI renouvelée pour les femmes de rhésus négatif.
Entre 34 et 38 SA, un prélèvement vaginal est effectué pour rechercher le streptocoque B. Cette bactérie, présente chez environ une femme sur quatre sans provoquer de symptômes, peut entraîner des infections graves chez le nouveau-né lors de l'accouchement. En cas de portage positif, un traitement antibiotique (pénicilline) est administré pendant le travail pour protéger le bébé.
La consultation obligatoire avec l'anesthésiste se programme également au 8e mois, obligatoirement auprès de l'anesthésiste de la maternité choisie pour l'accouchement (et non auprès d'un anesthésiste libéral de ville), car elle est liée au plateau technique et au dossier obstétrical de l'établissement. Même si vous ne souhaitez pas de péridurale, ce rendez-vous est indispensable : il permet d'anticiper toute urgence obstétricale pouvant nécessiter une anesthésie sans délai. L'anesthésiste prescrit un bilan de coagulation et une numération plaquettaire, prérequis à toute intervention. Cette consultation est prise en charge à 100 %. Anticipez : les créneaux sont souvent limités en fin de grossesse, ne repoussez pas ce rendez-vous au 9e mois.
À planifier dès le 7e mois, les 7 séances de préparation à la naissance et à la parentalité sont prises en charge à 100 % par l'Assurance Maladie. Elles abordent les étapes du travail, les techniques de respiration, la gestion de la douleur et les premiers gestes avec votre bébé. Un conseil pratique : les séances sont parfois complètes chez les praticiens, alors organisez-vous dès la consultation du 6e ou 7e mois.
Conseil : profitez du 3e trimestre pour planifier également votre suivi postnatal. Depuis le 1er juillet 2022, un entretien postnatal précoce (EPNP) est obligatoire, idéalement dans les 48 heures suivant la sortie de maternité, pour dépister les signes de baby blues et de dépression post-partum. À ne pas confondre avec l'EPP prénatal : l'EPNP intervient après la naissance. Par ailleurs, une consultation postnatale obligatoire est prévue entre 6 et 8 semaines après l'accouchement (facturée 30 € et remboursée à 100 %). Ces deux étapes ne sont pas optionnelles : caler ces rendez-vous en amont vous évitera d'y penser dans les premières semaines avec votre nouveau-né.
Si les 3 échographies trimestrielles ne sont pas obligatoires au sens légal strict, elles sont fortement recommandées par la HAS et intégralement prises en charge selon le trimestre :
La trisomie 21 touche environ 1 grossesse sur 400. Trois situations se présentent après le dépistage combiné du 1er trimestre. Si le risque est situé entre 1/1000 et 1/51, le DPNI (dépistage prénatal non invasif) est proposé : il s'agit d'une simple prise de sang analysant l'ADN fœtal circulant dans le sang maternel, avec une fiabilité annoncée de 99 %, remboursé à 100 % dans cette indication. Si le risque est supérieur ou égal à 1/50, le DPNI n'est pas proposé : c'est directement un caryotype fœtal par amniocentèse ou choriocentèse qui est recommandé. En dehors de ces deux indications (risque inférieur à 1/1000), le DPNI reste accessible mais à la charge de la patiente, pour un coût d'environ 398 €.
Exemple concret : Amandine Verhaeghe, 31 ans, suivie au cabinet lors de sa première grossesse, a reçu un résultat de dépistage combiné du 1er trimestre indiquant un risque de 1/620. Ce résultat se situant entre 1/1000 et 1/51, le DPNI lui a été proposé et réalisé sans aucun coût à sa charge — une simple prise de sang au laboratoire. Le résultat, revenu négatif en 10 jours, lui a permis de poursuivre sa grossesse avec sérénité, sans geste invasif. Si son risque avait été inférieur à 1/1000, ce même test lui aurait coûté environ 398 €, non remboursés par l'Assurance Maladie.
La question du prix revient souvent — et c'est bien légitime de vouloir savoir combien coûte un suivi de grossesse avant de s'organiser. Voici l'essentiel à retenir : les 7 consultations obligatoires, l'EPP, les 7 séances de préparation et la consultation anesthésiste sont pris en charge à 100 %. Les deux premières échographies sont remboursées à 70 %, la troisième à 100 %. À partir du 1er jour du 6e mois, tous vos frais médicaux sont couverts à 100 %.
Attention cependant : « 100 % » signifie 100 % du tarif de base de la Sécurité sociale, hors dépassements d'honoraires. Bonne nouvelle : les sages-femmes libérales conventionnées exercent en secteur 1, sans dépassement. Cela représente zéro reste à charge sur le tarif de base, un avantage financier concret par rapport à certains spécialistes en secteur 2.
Le suivi ne s'arrête pas à l'accouchement — et son prix est souvent méconnu. La consultation postnatale obligatoire (entre 6 et 8 semaines après l'accouchement) est facturée 30 € et remboursée à 100 % par l'Assurance Maladie. L'entretien postnatal précoce (EPNP), obligatoire depuis juillet 2022, est également pris en charge intégralement.
Quant à la rééducation périnéale, elle concerne toutes les femmes ayant accouché, quel que soit le mode d'accouchement (voie basse, épisiotomie ou césarienne). Elle est prescrite lors de la consultation postnatale. Les 10 premières séances sont remboursées à 100 % dans le cadre de l'assurance maternité, à condition d'être réalisées dans les 3 ans suivant l'accouchement. Chaque séance est facturée 19,60 € en 2025. Précision importante : une rééducation abdominale ne doit jamais être entreprise avant la rééducation périnéale complète, sous peine de risques de descente d'organes ou de fuites urinaires.
À noter : pour un devis global de votre suivi de grossesse, retenez qu'en choisissant une sage-femme conventionnée en secteur 1, le prix de l'ensemble des consultations obligatoires, de l'EPP, des 7 séances de préparation, de la consultation postnatale et des 10 séances de rééducation périnéale est intégralement pris en charge, soit zéro reste à charge. Le seul surcoût potentiel réside dans les éventuels dépassements d'honoraires d'autres praticiens (échographiste, anesthésiste en secteur 2) et dans le DPNI hors indication (398 €). Demander un devis prévisionnel à votre sage-femme dès la première consultation vous permettra de ne pas avoir de mauvaise surprise.
Beaucoup de femmes enceintes l'ignorent encore, mais une sage-femme libérale est légalement habilitée à assurer l'intégralité du suivi d'une grossesse physiologique : les 7 consultations obligatoires, l'EPP, la préparation à la naissance, la prescription de tous les examens nécessaires, la déclaration de grossesse et le suivi postnatal à domicile. Cette compétence repose sur les articles L4151-1 et L4151-4 du Code de la santé publique, qui confèrent à la sage-femme une autonomie complète pour toute grossesse physiologique.
Florian Lefait, sage-femme à Denain, vous accompagne de la première consultation jusqu'au suivi post-partum — y compris l'entretien postnatal précoce, la consultation postnatale et la rééducation périnéale —, avec une approche bienveillante et personnalisée. Que vous résidiez à Denain, dans le Valenciennois ou ses environs, vous pouvez le déclarer comme sage-femme référent avant la fin du 5e mois pour bénéficier d'une prise en charge intégrale (couvrant jusqu'à 14 semaines après l'accouchement) et d'un parcours coordonné. N'attendez pas : dès la confirmation de votre grossesse, prenez rendez-vous pour poser les bases d'un suivi serein et complet.